HEIDIGALERIE

Expositions passées

DE PEUR QU IL N Y AIT QUE CETTE NUIT DE PEUR QU IL N Y AIT QUE CETTE NUIT

CECILE PARIS

DE PEUR QU IL N Y AIT QUE CETTE NUIT

21.01.10 ::: 10.03.10

 

 

Cécile Paris imagine des environnements visuels et sonores, en photographie, en vidéo et plus généralement, en image. A la manière d'une chanson, son univers à la fois poétique, mélancolique, parfois lyrique dessine des fils narratifs construits autour d'images récurrentes et plus récemment, de mots.

 

Pour son exposition à la Heidi Galerie, Cécile Paris présente plusieurs histoires, dans des formes qu'elle n'a jamais montrées jusque-là. Des histoires de peur, de rapport au temps. Tout récemment, elle a revu L'Eclipse d'Antonioni, plusieurs fois. Elle décrit la première scène, dans un intérieur, un couple qui ne va pas du tout, une séparation. La femme circule, elle est un peu nerveuse. Elle se lève et ouvre les rideaux, prend une décision. Tout se passe comme si l'ouverture des rideaux l'exhortait à partir.

Peut-être à la suite de cela, Cécile Paris enregistre une chanson avec un beau titre, « De peur qu'il n'y ait que cette nuit ». En réalité, ce sont les paroles d'un tube de David Bowie, « Let's dance ». Traduit en français, cela donne « Dansons, dansons, dansons ». L'artiste revoit ses classiques, déjà dans « Un disque-jockey a sauvé ma vie », reprend des chansons en anglais qui parlent de d'amour, de danse, de nuit qu'elle traduit littéralement, sans oublier un mot. Avec « Valse », les paroles des chansons s'inscrivent sur des cartons colorés. Des bribes de phrases, très cadencées, sur des papiers Popset, un peu comme des gros titres de journaux ou une annonce d'un bal du 14 juillet.

Dans Les lumières colorées, Cécile Paris revisite Antonioni de manière beaucoup plus serrée.

C'est un portrait d'une vieille femme rencontrée récemment. On ne sait rien de cette femme, la vidéo est muette. Des peintures accrochées au mur, nombreuses, des portraits, des fleurs et cette femme assise, impassible dans son fauteuil. Les peintures figuratives, au cadrage très serré, parfois coupé, sont un peu étranges. La femme se lève et retourne un portrait. Au même moment des lumières entrent dans la pièce. L'appartement se situe à Paris au bord de la Seine. On entend le bruit des bateaux-mouches, en décalé.

Comme chez Antonioni, le monde extérieur vient déclencher quelque chose, de l'ordre du ténu, de l'apparition.

Egalement exposée, cette photographie couleur transposée en noir et blanc : une vitrine avec un papier un peu humide à l'intérieur. Ou bien cette scène filmée au Nouveau Mexique, comme une note vidéo. Une petite pancarte posée sur un fil barbelé bouge et éblouit, avec le reflet de soleil. Elle s'intitule Persistance, en souvenir de Joseph Plateau, ce physicien qui travaillait sur la persistance rétinienne et devint aveugle, à force de regarder le soleil.

 

Née en 1970 à Nancy, Cécile Paris expose dans de nombreux lieux en France et à l'étranger. En 2009, elle a participé notamment à la Nuit blanche Palestine, aux expositions « Emporte-moi » au Musée d'art contemporain de Québec et à « Popisme 5 » au Lieu Unique. Elle est représentée dans plusieurs collections publiques dont le Musée d'art moderne de la Ville de Paris et le Mac/ Val, Musée d'art contemporain de Vitry-sur-Seine. Elle enseigne à l'Ecole régionale des beaux-arts de Nantes.

Marion Daniel