Expositions passées
OLIVIER DOLLINGER
THE MISSING VIEWER
Vernissage Mercredi 07 Octobre 2009 19:00 :::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Clôture Mercredi 18 Novembre 2009 / LECTURE - CONFERENCE de LAURENT DE SUTTER / 20:00

Dissolving view, Heidigalerie, 2009
Le rideau se lève. On tourne en rond. La salle est vide. Seul sur la scène, un tour de prestidigitation fait pour deux acteurs identiques, réduits au degré zéro de leurs apparitions et disparitions. The missing viewer.
C'est le cirque. On tourne en cage. Les rôles sont réversibles. Enfermées dans une chambre d'hôtel, des actrices sous hypnose se prennent pour Marilyn Monroe. Norma Jean.
Encore des fantômes. Une voix sourde. Un médium s'entretient avec les esprits disparus d'un bâtiment de Le Corbusier. Space off.
On fait rentrer l'artiste. Un minuscule pantin ressemble comme deux gouttes d'eau à son créateur.
Dans les pièces d'Olivier Dollinger, les âmes sont capturées, les corps mis en cage. Et pourtant. Contraints par une expérience étrangère, littéralement déplacés et enrôlés, ses personnages chavirent aux frontières de leur conscience pour se retrouver à côté d'eux-mêmes et produire de l'inattendu. Invités paradoxalement à lâcher prise, ils deviennent prisonniers volontaires d'évènements entêtants. Dans The missing viewer, un homme et son jumeau s'enferment alternativement dans une boîte. Ces deux marionnettes abruties par la danse sont scrutées par une caméra qui en fait scrupuleusement le tour, soulignant plus que jamais leur interchangeabilité. Idem pour le spectateur happé dès son entrée dans la salle d'exposition, une caméra braquée sur lui. De sa position confortable de spectateur passif, il entre en scène, intégrant malgré lui le dispositif de monstration au même titre que les autres éléments exposés. Il est le regardeur regardé, inquiété que davantage par Space off, une visite inopinée de la Villa Savoye, faisant vriller l'archétype d'une architecture rationaliste en un sanctuaire de l'au-delà. Norma Jean emboîte le même pas : pris dans une transe mécanique, les femmes réveillent en l'incarnant l'icône de la star moderne. Etre possédé pour mieux se déposséder de soi, voilà qui semble dicter les lois de ces drôles de scènes intimistes orchestrées par l'artiste.
Dans l'exposition « The missing viewer », ce sont d'autres fantômes qui ressurgissent, ceux des premières œuvres d'Olivier Dollinger, enclenchant eux aussi des phénomènes de dédoublement : lorsque l'artiste se mettait en scène, une grosse peluche en guise de masque ; quand il mettait à disposition du public le mannequin de secourisme Andy, offrant l'écran de projection idéal aux pulsions de chacun ; quand encore, dans The Tears Builders, il proposait à un body builder de s'accaparer une galerie vide pour y reproduire l'échauffement précédant la montée sur le podium, ou quand enfin il faisant se rencontrer spectateur et médium dans une boite munie de miroir sans tain, d'une cabine d'enregistrement et d'écoute, générant des rapports complexes de circulation du regard entre les acteurs, auditeurs et regardeurs.
De ce théâtre de l'illusion où le créateur est tourné en dérision, simple pantin qui s'évertue à s'émanciper d'un système plus large de création, le spectateur est évacué. Embarrassé dans son rôle d'observateur par la présence de la caméra, il semble lui aussi « manquer » à sa mission. Non seulement le spectacle s'est joué sans lui mais il a le culot , au moment où il en prend connaissance, de l'en désigner responsable ! Seule échappatoire possible : quitter le plateau. Mais une fois dehors, la réalité n'a-t-elle pas changé de face ?
Mathilde Villeneuve
The curtain rises. We go round and
round. The room is empty. Alone on the scene, a tour of conjuring made for two
identical actors, reduced to degree zero of their appearances and
disappearances. The missing viewer. This is the circus. We turn round
the cage. The roles are reversible. Locked into a hotel room, actresses under
hypnosis think they are Marilyn Monroe. Norma
Jean. Still ghosts. A hollow voice. A
medium speaks to the disappeared spirits from a building of Le Corbusier. Space off. The artist is brought in. A tiny
marionette looks alike his creator. In Olivier Dollinger's plays, souls
are captured, bodies are put in cage. And yet, forced by a foreign experience,
literally moved and enlisted, his characters capsize on the borders of their
consciousness to meet itself next to themselves and produce the unexpected.
Invited paradoxically to let go, they become voluntary prisoners of heady
events. In “The missing viewer”, a man and his twin lock themselves alternately
into a box. These two puppets dazed by the dance are scrutinized by a camera
which turns around scrupulously, underlining more than ever their interchangeability.
Idem for the spectator swallowed up by the showroom, a camera directed on him.
Of its comfortable position of passive spectator, he enters the scene,
integrating in spite of himself the device of monstration, as well as other
exposed elements. He is the watcher watched, worried more by "Space
off", an unexpected visit of the Savoye Villa, turning the prototype, a
rationalist architecture, into a sanctuary of the next world. Norma Jean
follows the same footprints: taken by a mechanical trance, the women awake by
incarnating the icon of the modern star. To be possessed for a better
dispossessing of itself, here seems to dictate the laws of these intimist funny
scenes orchestrated by the artist. In “The missing viewer” exhibition,
other phantoms re-appear, those of the first works of Olivier Dollinger. Also,
those ghosts engage phenomena of splitting : when the artist put himself in
scene, a large cuddly toy as a mask; when he placed at the disposal of the
public the mannequin of Andy first aid, offering the ideal projection screen to
the impulses of each one; when still, in The Tears Builders, he proposed with a
body builder to monopolize an empty gallery to reproduce there the heating
preceding the rise on the podium, or when finally he made spectator and medium
get together in a box provided with a one-way mirror, a recording booth and
listening, generating complex reports of glance circulation between actors,
listeners and watchers. Of this illusion theater where the
creator is turned in derision, a simple puppet who is trying its best to
emancipate of a larger system of creation, the spectator is evacuated.
Embarrassed in its role of observer by the presence of the camera, its seems as
well “failing” his mission. Not only the show was played without it but this
has the cheek, at the moment he takes cognizance of it, to named it as
responsible! Only possible way out: leave the scene. But once outside, did not
the reality change a face ?