HEIDIGALERIE

Expositions passées

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BAUDET . BICLER . COQUERET . LABOURDETTE

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01.07.09 ::: ::: 16.09.09 / PROLONGATION 23.09.09

 

Clôture ::: AL FOUL & FRENCH TOURIST ::: Concert 20:00 !! ::: Mercredi 23 Septembre

MADE IN TUCSON, AZ

 to A.F/83

 

Vernissage CAR WASH Mercredi 1er Juillet 2009 19:00

Amélie Labourdette

BEEN HERE AND GONE

Et si les cavales, les errances, les enquêtes, les fuites des road-movie,  étaient une sorte de résistance au formatage social qui nous vide peu à peu de ce que l'on pourrait nommer notre « enthousiasme » ?

Partir, ne plus contrôler, se laisser porter, et ce mouvement est celui de la route qui défile lorsque enfin on a pu quitter l'engrenage de l'emploi du temps quotidien de la vie matérielle. On ne veut plus aller travailler, on ne veut plus gagner d'argent, on veut seulement « buller » le long des rivières, rouler, se balader dans les montagnes, se perdre sur une route de désert. Mais ce choix semble être devenu dans la « conscience collective », dans la conscience matérielle, aussi, de notre époque et de nos sociétés, impossible. Il faudrait fuir, tracer une ligne hors de sentiers battus car le monde ici ne semble plus nous offrir de refuge, plus assez de temps.

Et si un jour on part, que l'on parte seul ou à plusieurs, il n'y a pas de voyage sans halte, sans temps d'arrêt, de respiration dans le défilement du paysage. Cristallisation d'instants magiques que peut générer un voyage, ces haltes impromptues de bord de route, entre civilisation et nature toute proche, viennent alors rejouer, comme lorsque s'arrête dans une chambre d'hôtel, une suspension de la traversée où germe alors une nouvelle perception de la chair du monde, l'embryon d'un imaginaire ravivé.

Au cinéma, les road-movie correspondent souvent à une quête initiatique des personnages, le voyage est alors comme un rite de passage. Dans la halte, que ce soit sur le bord de route ou dans une chambre d'hôtel règne un temps en suspens, un temps de l'entre-deux mouvement. Comme si l'entre-deux de latence, condensait en lui seul, le mouvement de la traversée passée et la projection de la ligne de fuite avenir, dans un seul temps arrêté : se souvenir du voyage passé et rêver de celui à venir. Dans cette ligne de fuite du voyage, le lieu de la halte devient le lieu de la vacance et du désir.

Les quatre photographies présentées lors de l'exposition à Heidigalerie tentent de retranscrire ces moments en suspens...

Ce projet "Been here and gone" est également conçu et réalisé dans le cadre de la résidence à l'Hotêl Pommeraye.

Cécile Bicler


Je présente une vidéo cut-up qui part du principe que les cercles sont droits (dixit un enfant autiste, dans le livre de Bruno Bettelheim : la forteresse vide), où je vais tenter un bout à bout de routes empruntées au cinéma.

Sur cette voie de passage infinie, j'imagine une voiture unique qui ne s'arrête jamais. La terre est ronde et la longue ligne raccommodée devient courbe.

La vidéo présentée peut être perçue comme une bande annonce d'un infini film à venir avec des images de garçons et de filles qui, sans jamais être originaires du même film, échangent et s'échangent entre eux : un dialogue de coupes où les mots deviennent des balles à se renvoyer.

Pour finir, je cite Bret Easton Ellis, dans Moins que Zéro : ", que parfois je me perds en voiture ;"

Hervé Coqueret


Je suis assis à mon bureau, où sont posés des livres sur les voitures, des magazines de décoration, des cartes postales et des photos (de films) découpées.

Je pense beaucoup au Voyage autour de ma chambre de Xavier de Maistre de 1794, et au film Two lane black top/Macadam à deux voies de Monte Hellman de 1971.

Ce film c'est un peu comme le premier road movie moderne, et pour moi le dernier : tout à été dit, la conquête de l'ouest c'est bien fini, plus de territoire  à conquérir, juste du carburant à cramer. Ca devient métaphysique même, l'ennui règne et l'angoisse monte et si l'on s'arrête ça risque de mal finir (The texas chainsaw massacre/Massacre à la tronçonneuse, de  Tobe Hooper, de 1974,  je remarque l'anagramme avec 1794).

Dans une interview qu'il a donnée dans la revue Trouble, le cinéaste Arnaud Des Pallieres déclarait :
« Je ne suis pas grand amateur de voyages. Que peut on aller chercher dans un pays lointain qu'on ne trouverait pas chez soi ? On boit le même Coca-Cola, on fume les mêmes cigarettes, on porte les mêmes vêtements, on voit les mêmes films et pour peu qu'on sache vingt mots d'anglais, on finit toujours par parler la même langue. »*


Dans l'exposition à Heidigalerie, je présente un vrai bureau, peut être bien laqué en rouge, sur lequel s'organise une construction, sorte de maquette de la maison idéale, faite à partir d'images découpés et de panneaux de bois et de carton qui font office de cloisons.  Le bureau est certainement placé devant un mur peint en bleu et éclairé par un spot orange, le fameux 713705 du titre de l'exposition.

L'installation s'appelle Réglage (Tuning en anglais)

* Revue Trouble N°1, janvier 2002, Disneyland mon vieux pays natal, entretien entre Arnaud Des Pallières et Claire Jacquet.

 

Benjamin Baudet

 

"Le flat four vissé dans le dos

prêt à vous bondir au fond des reins.

550 kilos environs, tout aluminium,

pour 150 horse power de la meilleure écurie."